Au départ, mon chéri voulait que je prépare un gâteau glacé à la noix de coco, comme ça on aurait pu l'appeler Le Coco-Fredo. Pas mal l'idée, je tenterais l'année prochaine ;-)

Voici un des plus beaux gâteaux que j'ai réalisé jusqu'à maintenant. Pourtant, il ne correspond pas tout à fait à mon plan de départ : les roses auraient dû être en meringue que j'aurais légèrement brûlée au niveau des pétales avec un chalumeau. Au lieu de cela, elles sont en crème au beurre, que dis-je, en beurre à la crème ! Ce qui je vous l'accorde, ne me fait pas gagner des points au niveau gustatif... Mais je n'ai tout simplement plus eu le choix, car apres avoir raté 4 fois ma meringue, je n'avais tout simplement plus de blancs d'oeufs... C'etait la première fois que je ratais une meringue ! Mais ce jour là, rien n'allait : le stress, la fatigue, l'enervement...

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La première fois, j'ai voulu faire une meringue italienne. Tout allait bien après avoir versé mon sucre cuit, la meringue montait, s'épaississait... mais elle est complètement retombée au bout de 10 min, et elle a ensuite décanté complètement de son sirop : inutilisable. J'en ai quand même fait de délicieux petits rochers en ajoutant de la poudre d'amandes et des amandes éffilées, avant de les cuire en petits tas sur une plaque.

Je me suis rabattue sur la meringue suisse. Comme à mon habitude, j'ai chauffé les blancs et le sucre directement sur feu doux, en fouettant sans arrêt jusqu'à 40°. Mais avant d'avoir atteint cette température, mon saladier a littéralement explosé, répandant du blanc d'oeuf tout collant ainsi que des centaines de petits bouts de verre sur les murs, le sol, le plafond, la cuisinière... l'horreur. Heureusement que ce plat était en verre « sécurit », et que les petits éclats n'étaient pas -ou très peu- tranchants. Alors oui, je sais « ON NE PLACE PAS UN SALADIER EN VERRE DIRECTEMENT AU CONTACT DE LA FLAMME », mais j'ai toujours fait ça avec ce plat là, tout en contrôlant en permanence la température pour éviter ce genre de désagrément... Et puis ce jour-là, BAM !

Heureusement que mon chéri-superman était là, car il m'a d'abord consolée (« ouiiiiiiinnn ! »), puis aidée à ranger tout ce bazar. Quelle galère, ce blanc d'oeuf !

Pour la troisième tentative, j'ai attendu que ma môman rentre, parce que j'avais besoin d'une épaule solide (et que mon chéri en pouvait plus de mes conneries; je l'ai laissé jouer à la playstation hihi). On a retenté la meringue suisse, mais au bain-marie, cette fois. Et puis ma nouvelle coéquipière m'a proposé de battre la meringue elle-même. Au final, on a obtenu une meringue pas trop mal qui m'a permis de recouvrir tout mon gâteau en une mince couche. Mais tout au long du dressage, je me disais « quelle nouille, j'aurais du la fouetter plus ! ». Effectivement, elle a un peu souffert du voyage entre chez moi et le lieu d'anniversaire... En tout cas, il ne me restait plus assez de meringue pour faire mes roses, j'ai donc refait une meringue suisse. Et comme pour la première tentative, elle est montée puis retombée... Impossible de la dresser à la poche...

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J'ai donc utilisé mon dernier recours : la crème au beurre. J'ai incorporé du beurre mou à la-dite meringue ratée et j'ai fouetté jusqu'à obtenir une consistance assez ferme et légère. Mais comme mes blancs n'étaient pas bien fermes, j'ai dû mettre beaucoup beaucoup de beurre : genre 1 plaquette entière pour 3 blancs et 150 g de sucre, aeurk ! En plus j'étais vexée comme un poux parce que j'ai été obligée d'utiliser le beurre que j'avais acheté pour un future tournée de croissants, genre beurre des charentes AOC à 4 euros la plaquette ! Bref...

J'ai fini par dresser mes roses à la poche : c'est une technique qui ressemble un peu à celle des Cupcakes-Roses, sauf qu'on utilise un crayon plutôt qu'une surface plane. A voir ici.

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Sinon, je voulais déposer quelques framboises entières sur le pourtour du gâteau et puis je les ai tout simplement oubliées dans le congèlateur, tout en me demandant « mais j'oublie pas quelque chose, là ?? ». Du coup j'ai mis plus de roses :-D.

Le truc que j'ai vraiment réussi, c'est le window color. Quand je dis « réussi », j'omet le fait que je ne l'ai pas laissé sécher suffisamment et que je l'ai brisé en deux au moment de le mettre sur le gâteau (mais cela ne se voit pas trop sur les photos). Et puis la couleur est trop foncée au niveau des prénoms Coco et Fredo (les anniversaireux, ndlr), ce qui est dommage... Sinon, je suis sacrément fière du resultat ! C'est indéniablement le plus difficile que j'ai réalisé : normalement, dans cette technique, on fait tous les contours au cornet de chocolat puis on les remplit au glaçage coloré. Mais pour ce dessin, je voulais un effet de dégradé, ce qui était impossible en divisant les couleurs, logique. Alors je me suis amusée à appliquer la couleur au doigt, avec la pointe d'un couteau, avec un pinceau... en laissant sécher entre les superposition de couleurs... Bref, je me suis prise pour une artiste, quoi ! L'ennui, c'est que j'ai obtenu un window-color assez epais et assez fragile (de par l'absence de contour). Je ne l'ai fait sécher qu'une nuit, mais si j'avais eu le temps, je l'aurais laissé deux ou 3 jours.

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Bon, au niveau du gâteau en lui même : je me suis inspirée du Schuss de chez Lenôtre :

  • un biscuit enfermant complètement le gâteau (de manière à accrocher la meringue)

  • une mousse au fromage blanc assez peu sucrée (pour équilibrer avec le sucre du décor) légèrement parfumée à la fleur d'oranger

  • des framboises en brisures.

 

A mon goût, il y avait trop de framboises, ce qui masquait trop l'eau de fleur d'oranger. J'aurais pu aussi faire le gâteau à peine plus haut pour y mettre plus de mousse au fromage blanc. Sinon l'ensemble était très léger et très frais, à condition de mettre la crème au beurre de côté ;-). Quoi que, pour avoir testé, la crème au beurre en toute petite micro quantité allait plutôt bien avec le gâteau.

 

La recette ? Désolée, je ne l'ai plus. Trop stressée, trop pressée pour noter toutes mes modifications en cours de route. Surtout au moment ou j'ai voulu incorporer la gélatine à la mousse et que je me suis rendue compte que je n'en avais plus (« non mais quelle nouille ! »). J'ai donc utilisé de l'agar-agar, que je n'avais jamais employé jusqu'alors. Je flippait que ma mousse soit trop liquide !

 

Le gâteau a beaucoup plu, j'ai reçu des tas de compliments. Il avait un petit peu souffert au voyage, mais tout le monde n'y a vu que du feu. En ce qui me concerne, le goût m'a un peu (à peine) déçue. Les autres avaient l'air ravi. Ce qui m'énerve le plus, c'est quand les gens me disent « mmhh, c'est bon parce que c'est pas trop sucré », comme si la quantité de sucre était le seul critère de goût d'une pâtisserie. Et puis, quand on ne veut pas manger de sucre, on ne mange pas de gâteau, non mais ! Je veux bien admettre qu'un gâteau trop sucré n'est pas agréable à manger (voire même parfois dégueulasse), mais de là à se focaliser sur ça à chaque fois qu'on présente une pâtisserie, c'est un peu fort !

Dernièrement, j'ai fait des macarons à la fraise. Comme je trouve que ceux fourrés à la confiture sont « trop sucrés » (héhé), j'ai fait une compote 100% fraise. Je les ai fait gouter à une personne (que je ne citerai pas) qui m'a rétorqué qu'ils étaient encore TROP SUCRéS ! Ben oui, mais là, j'y peux plus rien, ma ptite dame !

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